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Editorial

Quand va-t-on enfin interdire la construction de Center parcs et autres parcs d’attractions aquatiques ?

Inédit ! Trois projets de Center parcs sont bloqués par des recours en justice et un quatrième, dans l’Eure, en prend le chemin à en juger par les nombreuses observations, soumises durant l’enquête publique, critiquant le projet d’extension du Center parcs des Bois Francs.

Cette levée de boucliers en dit long sur le refus des citoyens à cautionner plus longtemps cet énorme gaspillage de nos ressources naturelles. C’est une double victoire : une victoire, certes précaire mais symbolique, pour l’environnement et une victoire contre Pierre & Vacances et son modèle économique.

Car c’est un coup dur pour l’image du Groupe. A travers la France, la marque Center parcs est désormais synonyme de pollution, de gaspillage et de réchauffement climatique que tout le greenwashing de Pierre & Vacances ne pourra effacer. Quatre actions en justice ne trompent pas sur l’ampleur des impacts environnementaux de ces parcs aquatiques géants.

Prenons en exemple le Center parcs des Bois Francs qui, une fois agrandi, consommerait au moins 525 000 m3 d’eau potable annuellement. En extrapolant à partir de ce chiffre, on peut estimer la consommation des 6 parcs existants ou en construction en France à 2,5 millions de m3. En ajoutant les projets de Roybon, Poligny et Le Rousset, ce serait environ 3,5 millions de m3, soit la consommation annuelle d’une ville de la taille de Saint-Nazaire (72 345 hab.).

C’est de la prédation ! Aux Bois Francs, Pierre & Vacances vide les nappes phréatiques, détruit 36 ha. de zones humides et rejette ses eaux polluées dans la rivière, tout en contribuant largement au réchauffement climatique en rasant des forêts et en chauffant à 29°C une piscine démesurée, réchauffement qui à son tour assèche les rivières et les nappes, aux dépends des agriculteurs et du public qui se voient imposer des restrictions. Quand va-t-on enfin interdire ces parcs aquatiques ?!

Ces blocages juridiques représentent également un revers économique et financier considérable pour le Groupe car l’immobilier est la source principale de profits de Pierre & Vacances. Ces quatre projets représentent des centaines de millions d’euros volatilisés. Ils sont vitaux pour le Groupe qui affiche des pertes depuis 7 ans, ce qui montre bien que son modèle économique est un château de cartes. Et si nous pouvons contribuer à le faire tomber, ce sera bon pour la planète.

Et nous ne verserons pas une larme à son enterrement tant les mensonges (1), les fausses promesses, les manipulations et le greenwashing ont perverti les enquêtes et débats publics et corrompu les élus.

Il est bien regrettable que ces « victoires » ne puissent être obtenues que par le biais de batailles juridiques coûteuses plutôt qu’en amont par la force des arguments. Mais elles ont été efficaces à stopper ces projets et ont eu le mérite de mettre au grand jour leurs impacts. Si vous le pouvez, faites un don aux associations qui mènent ces combats : Le Pic Vert des Bois Francs à Pullay/Les Barils (picvertdesboisfrancs@gmail.com),  Pour les Chambaran Sans Center Parcs à Roybon (contact@pcscp.org), Le Pic Noir à Poligny (contact@lepicnoir.fr) et EcoLogicAction 71 à Le Rousset-Marizy (contact@ecologicaction71.fr).

(1) Le dernier en date : dans le dossier de l’enquête publique relative au projet d’extension du Center parcs des Bois Francs, Pierre & Vacances laisse entendre qu’en cas de dépassement du prélèvement maximal autorisé, le syndicat des eaux de Verneuil-sur-Avre serait suppléé par Eau de Paris et ainsi être en capacité de subvenir aux besoins de Center parcs, ce qui est démenti par Eau de Paris (voir les contributions à l’enquête publique de FNE Normandie et du Pic Vert des Bois Francs).

 

La Rédaction

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