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Editorial

Pour la Région, les projets Center Parcs sont enlisés mais pas enterrés

Dans une interview diffusée sur macommune.info , Patrick Ayache, Vice-président en charge du tourisme, réaffirme la position de la Région et se dit prêt « si Pierre & Vacances respecte nos exigences, écologiques notamment, (à) se remettre autour d’une table et discuter avec eux ». C’est le même refrain depuis 3 ans, repris par Marie-Guite Dufay deux jours plus tard au cours d’un débat télévisé sur France 3 Bourgogne.

Certains ont cru percevoir dans les déclarations de la Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté un certain recul par rapport à Center parcs. N’en croyez rien. Pour faire bonne mesure Mme Dufay se dit vigilante sur les questions écologiques,  économiques et financières et dit avoir posé des conditions. Mais lesquelles ? Le flou le plus total! La Présidente nous mène en bateau.  

En effet, les exigences de la Région sur l’environnement semblent plutôt maigres. A part sa préoccupation concernant la préservation des ressources en eau, rien. Rien sur les 40 hectares défrichés, rien sur les zones humides d’une tête de bassin versant de la Loire bétonnées. Rien sur la biodiversité et la zone Natura 2000 de l’étang du Rousset. Rien sur le bilan carbone désastreux de ces centres de loisirs. Rien sur la forêt et les milliers de stères de bois brulés pour chauffer une bulle toute l’année. Rien sur le trafic, le bruit, etc.

Quant aux exigences économiques et financières, c’est le même flou : « Il faut que le projet ait une rentabilité … sociale », déclare M. Ayache. Mais jusqu’à présent, la Région n’a remis en cause ni le montage financier prévu, soit un investissement public d’environ 70 millions d’euros pour chacun des projets, ni le modèle économique des Center parcs.

Droit dans ses bottes, M. Accary, le Président du Conseil départemental de la Saône-et-Loire, lui, ne s’embarrasse pas de telles exigences, commentant sur France 3 : « On n’a pas changé de position. On reste positif sur ce projet. Ce qui était vrai il y a quelques années est toujours vrai aujourd’hui ».

Pourtant il serait grand temps que MGD mette cartes sur table et dévoile ses fameuses conditions. Car, au Rousset, un jugement en appel qui validerait le PLU, probablement d’ici cet été, verra Pierre & Vacances resurgir dès la rentrée pour négocier, derrière des portes closes, un nouveau protocole d’accord. On peut en effet craindre que le public n’en connaîtra les termes qu’une fois signé. Où est la transparence promise par Mme Dufay ? Le secret des affaires ne s’applique pas quand il s’agit de l’argent public, de l’argent des contribuables.

Pour EcoLogicAction, aujourd’hui et depuis toujours, il ne s’agit même plus de poser des conditions, ni de négocier. Il s’agit plutôt pour la Région d’ouvrir les yeux sur la masse d’éléments à charge  contre ces projets et de retirer son soutien sans délai. Un peu de courage, que diable !

On sent toutefois une certaine lassitude chez Patrick Ayache et une bonne dose d’exaspération chez MGD. Ces Center parcs sont devenus des boulets. M. Ayache préfère parler d’autres grands projets touristiques présentement sur les rails en Franche-Comté, dont un « magnifique, extraordinaire, totalement intégré dans la nature … un projet de 20 millions d’euros près de Besançon ». « Nous travaillons pour que naissent d’autres projets mais cette fois-ci avec une dimension écologique très forte », ajoute-t-il. Une critique à peine voilée des Center parcs.

Et puis il y a cette déclaration surprenante et, a priori, admirable de M. Ayache: « nous n’irons pas contre la volonté des riverains ». Mais que veut-il dire par « riverains » ? Et avec quels critères sera évaluée « la volonté » des riverains ? NOUS SOMMES TOUS DES RIVERAINS !

Ce qui pourrait convaincre l’exécutif, et lui offrir une porte de sortie, c’est un jugement du Tribunal de Besançon, qui ne saurait tarder (quelques semaines), qui invaliderait le PLU de Poligny. La Région pourrait alors retirer son soutien, ce qui porterait un coup fatal au Center parcs jurassien. Il n’est pas interdit de rêver.

Mais ici, au Rousset, nous restons vigilants et prêts pour les prochaines étapes.

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