Le projet Center parcs du Rousset entre les mains du préfet

Au cours d’une réunion impromptue avec un groupe d’opposants aux Center parcs le 15 novembre à Dijon, M. Ayache, vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, a annoncé un « tournant très fort » de la Région en matière de transition écologique et d’aménagement du territoire. On s’en réjouit. Le vice-président en charge du tourisme a ainsi proposé de lancer un Appel à Manifestations d’Intérêt (AMI) pour des projets touristiques « d’envergure », lequel serait encadré par un cahier des charges exigeant concernant la qualité des hébergements et sur les questions de développement durable, de réchauffement climatique et de ressources en eau (1).

En ce qui concerne les Center parcs, tout dépendra donc du niveau d’exigence d’un cahier des charges qui, pour des projets touristiques « d’envergure », devra nécessairement être flexible et donc suffisamment flou. Rien de rédhibitoire donc pour Pierre & Vacances qui maîtrise parfaitement les codes de l’écologie entrepreneuriale et possède une boite à outils de verdissement intarissable. Et on apprend qu’en effet, le groupe est prêt « à livrer une nouvelle copie, plus verte » au Rousset.

Ce n’est pas ce que l’on espérait entendre de la part de M. Ayache, à savoir l’abandon pur et simple des Center parcs en Bourgogne-Franche-Comté. Le sort du Center parcs du Rousset est maintenant entre les mains du préfet de Saône-et-Loire et il ne le lâchera pas. Le Département non plus. Et si le cahier des charges de l’AMI de la Région s’avère trop restrictif, Pierre & Vacances se passera du financement de la Région. Aujourd’hui, les investisseurs se ruent sur le foncier.

Le projet de Center parcs est de retour au Rousset. L’opposition se mobilise. La lutte continue.

 

(1) Extrait de l’article de Benoit Montaggioni dans le Journal de Saône-et-Loire le 16 novembre 2019 :

Premier scoop : le groupe touristico-immobilier n’a pas complètement enterré son projet de parc en Charolais. « Les dernières nouvelles datent de quelques jours. Le nouveau directeur général m’a annoncé être toujours intéressé, notamment pour le site du Rousset-Marizy. Et, même s’il ne me l’a pas dit clairement, j’ai compris que le projet jurassien, plus compliqué, l’intéressait beaucoup moins », a annoncé Patrick Ayache. Mais le socialiste a voulu être très clair face aux opposants : si Pierre & Vacances veut conserver un soutien de la Région, il va devoir mettre beaucoup de vert dans son projet. Le Conseil régional s’apprête en effet à lancer un Appel à manifestations d’intérêt (AMI) pour des projets touristiques d’envergure. Et la Région imposera deux critères aux futurs candidats. Les projets touristiques devront proposer une « offre d’hébergements de qualité » et surtout « répondre aux enjeux de développement durable et de réchauffement climatique ». La question de « l’utilisation responsable de la ressource en eau » sera notamment centrale. « Si les projets Center Parcs reviennent dans l’actualité, ils devront répondre à ce cahier des charges », a assuré Patrick Ayache avant de lancer : « Il faudra bien qu’ils inventent un autre modèle. S’ils ne l’inventent pas, tant pis pour eux ! » Le vice-président de la Région croit d’ailleurs savoir que Pierre & Vacances est prêt à livrer une nouvelle copie, plus verte, pour Le Rousset. Selon lui, le groupe a déjà sollicité le préfet de Saône-et-Loire afin d’organiser une table ronde à ce sujet.